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NON, JE NE SUIS PAS DEVENUE NADIA COMANECI

compétition sportive

A l’âge de 3 ans, j’ai découvert la danse moderne. A 4 ans, j’allais au poney-club. A 5 ans, j’ai découvert la gymnastique. A 6 ans, j’ai tenu ma première raquette de tennis. Et je continuais la gym. J’aimais ça. Mon emploi du temps était serré. En semaine, je finissais mes devoirs en courant avant d’aller l’entraînement. Lundi, mardi, jeudi, vendredi soir, j’usais mes chaussons. Juste le temps d’avaler un dîner avant de me coucher. Le dimanche, je passais mes matinées au gymnase. A l’âge de 10 ans, j’ai découvert l’INSEP où j’allais tous les samedis. Je rêvais d’y intégrer le sport études, mes parents n’ont jamais voulu. Je pleurais, je voulais être Nadia Comaneci.

Je faisais près de 15h de gymnastique par semaine, mais comme si cela ne suffisait pas, je suivais les cours de tennis le mercredi après-midi (incroyable, j’avais un créneau de libre !). Beaucoup de compétitions sont venues occuper mes week-ends. Très investie, ma maman a passé les concours pour être juge et me suivre dans les compétitions. Pendant les vacances scolaires, je partais régulièrement en stage. Avec Bogdan et Bojena, mes entraineurs polonais, le rythme était soutenu. A la dure, mais cela ne me dérangeait pas, j’aimais l’ambiance, mes copines et surtout la gym.

Je me souviens d’un soir où ma prof m’a collé sur la poutre. « Tant que tu ne passeras pas ce salto, tu resteras là. Je t’apporterai des sandwichs s’il le faut, mais tu ne descendras pas de là ». Bon, du haut de mes 11 ans, je me suis concentrée et j’y suis arrivée. Et je n’ai pas eu droit aux sandwichs.

C’était dur, c’était rigoureux, mais vêtue de mes justaucorps colorés, j’adorais la poutre, les barres asymétriques, le saut de cheval et les exercices au sol. Epreuves départementales, régionales, nationales, j’ai finalement intégré l’équipe de France minimes. Un jour, en retombant d’un salto arrière, je me suis fait une élongation à la cuisse. C’était en compétition, j’ai entendu un gros  « crac ». J’ai fini mon enchainement en pleurant, mais je l’ai fini.

A l’école, l’entrée en 4ème fut un choc. L’époque du collège, des premières boums, des sorties, j’ai découvert d’un seul coup qu’il y avait une vie en dehors de la gym … un monde passionnant. J’ai arrêté la gym en club, mais j’ai continué à l’Association Sportive du collège où l’on s’entraînait à l’heure du déjeuner. Un jour, en m’amusant à marcher sur les mains, j’ai été victime d’un malaise et je suis tombée sur la tête. J’ai perdu connaissance et quelques secondes plus tard, après avoir repris mes esprits, je ne sentais plus mes jambes. Impossible de bouger le moindre doigt de pied. Paralysie commotionnelle. Mon père est arrivé en urgence. Je crois que je ne l’ai jamais vu fumer autant de cigarettes en attendant l’ambulance, lui qui était médecin. J’ai arrêté la gym ce jour-là, en remerciant mes parents de n’avoir pas cédé à mes envies de sport études. Et je ne suis pas devenue Nadia Comaneci, de toute façon je n’avais pas son talent !

Lorsque j’ai eu deux filles, je me suis fait la promesse de ne jamais les obliger à faire du sport à haute dose. Se faire plaisir, s’amuser et garder le sport comme loisir avant tout. A moins qu’elles en décident autrement. Et si elles avaient eu un réel avenir dans le sport de compétition, alors je les aurai soutenues.

Aujourd’hui, elles sont très sportives. Elles passent du tennis, au ski, au snowboard, au running. Elles touchent un peu à tout, et ces activités leur apportent un bon équilibre. Elles font du tennis, font des tournois quand elles veulent, ont décroché des classements honorables, mais cela reste un loisir.

Et je trouve que c’est parfait comme ça !

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